Par Sabine Bernède,
mardi 31 mars 2009 à 16:46 Procès AZF
Le professeur de détonique belge, payé par Grande Paroisse, dynamite le rapport des experts judiciaires. Il n'a pas la même lecture qu'eux des photos du cratère : Michel Lefebvre ne voit pas de dissymétrie, ni de tétine, mais une "langue". Pour lui, la forme du cratère n'a rien d'unique, et serait seulement due au sous-sol du hangar. L'explosion, selon lui encore, n'aurait pas été initiée dans le box du hangar 221.
Par Sabine Bernède,
mardi 31 mars 2009 à 14:29 Procès AZF
La sixième semaine du procès AZF débute ce jour mardi 31 mars. A 14h25, l'audience reprend. Le débat sur la détonique va se poursuivre avec l'audition d'un spécialiste de l'Ecole Royale militaire de Bruxelles, Michel Lefebvre, cité par la défense de Grande Paroisse. Didier Bergues, ingénieur civil au Centre d'Etudes de Gramat, expert judiciaire, est présent à l'audience.
Me Alain Levy (partie civile) intervient pour demander que le témoin, Michel Lefebvre, soit appelé par le tribunal. Le président répond qu'il a simplement permis au témoin de préparer ses présentations.
Par Sabine Bernède,
dimanche 29 mars 2009 à 18:15 Procès AZF
Mardi, débat sur le point d'amorçage de l'explosion de l'usine AZF. Mercredi et jeudi, des témoins vont venir dire ce qu'ils ont entendu : un bang ou deux.
Par Sabine Bernède,
vendredi 27 mars 2009 à 12:41 Procès AZF
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Didier Bergues, l'expert en détonique de Gramat, a réalisé des essais à échelle réduite pour simuler les effets de l'explosion du 21 septembre 2001. Un tir effectué dans une sorte de bac à sable, avec amorçage de l'explosion à l'est, a détruit une maquette du hangar 221, et constitué la même forme de cratère qu'à AZF. Une forme "unique".
Par Sabine Bernède,
vendredi 27 mars 2009 à 11:02 Procès AZF
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Cet ingénieur du Centre d'Etudes de Gramat explique quels ont été les effets de l'explosion de l'usine AZF. Pour lui, le cratère est la signature de l'explosion.
Par Sabine Bernède,
vendredi 27 mars 2009 à 09:45 Procès AZF
Le procès AZF reprend ce matin vendredi à 9h30. Le tribunal va écouter Didier Bergues, ingénieur civil au Centre d'Etudes de Gramat, centre qui dépend de la Direction générale de l'armement. Cet ingénieur doit faire un exposé de trois heures sur la détonique. Il va déterminer la puissance de l'explosion qui s'est produite le vendredi 21 septembre 2001 dans l'usine AZF de Toulouse, et indiquer la localisation du point d'initiation de l'explosion.
Le président demande d'abord à l'huissier de distribuer aux parties un plan du bâtiment 335 (cote 2118) de l'usine, puis un plan établi par le géomètre M.Sompayrac. Le président signale que M.Bergues va diffuser des documents qui ne figurent pas dans son rapport; ces documents seront distribués aux avocats.
Par Sabine Bernède,
jeudi 26 mars 2009 à 19:17 Procès AZF
L'expert Daniel Van Schendel vient évoquer ses premières constatations après l'explosion. Cette fois-ci, il arrive à la barre avec son ordinateur et fait une présentation power point. On revoit dans le détail les effroyables ravages de l'explosion dans l'usine. Certaines des constatations ont varié au fil des rapports, ce qui soulève des questions de la part de la défense.
Par Sabine Bernède,
jeudi 26 mars 2009 à 18:07 Procès AZF
Le souffle du nitrate est différent de celui du TNT, et n'occasionne pas les mêmes dégâts. C'est un spécialiste du risque industriel, Jean-Pierre Languy, qui l'explique. Après l'explosion de l'usine AZF, il s'est rendu à la SNPE voisine pour évaluer les dommages.
Par Sabine Bernède,
jeudi 26 mars 2009 à 17:14 Procès AZF
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L'ingénieur en chef de la police scientifique expose les relevés et les analyses faites sur le site après l'explosion. 2500 prélèvements, 527 scellés, et aucune trace d'explosifs.
Par Sabine Bernède,
jeudi 26 mars 2009 à 15:49 Procès AZF
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L'ingénieur Véronique Rey, du Laboratoire de police scientifique de Toulouse, intervient pour expliquer de quelle manière les experts ont effectué des prélèvements sur le cratère et l'usine AZF. De nombreuses investigations, y compris géologique, ont été effectuées.
La défense ... se défend toujours , multipliant les incidents. Et l'on voit Serge Biechlin, le prévenu, se mettre à interroger l'experte de la police scientifique...
Par Sabine Bernède,
mercredi 25 mars 2009 à 22:26 Procès AZF
Le tribunal a renvoyé l'incident au fond. Le commissaire Robert Saby (Photo DDM. TB) est de nouveau entendu par le tribunal. La défense transforme l'audition en véritable interrogatoire...
Par Sabine Bernède,
mercredi 25 mars 2009 à 19:58 Procès AZF
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Le commissaire Saby aurait "écouté aux portes" après son audition de vendredi. La défense, par la voix de Me Simon Foreman, souhaite qu'il ne soit pas de nouveau entendu ce soir. Indignation des parties civiles.
Par Sabine Bernède,
mercredi 25 mars 2009 à 18:34 Procès AZF
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Jean-Luc Geronimi raconte devant le tribunal tous les travaux qui ont été réalisés par le collègue d'experts judiciaires pour tenter d'expliquer les causes de l'explosion. Le rapport du collège d'experts comprend 7000 pièces : analyses faites sur les caleçons d'un intérimaire, études sismologiques, prélèvements de produits, travaux de géologie,relevés géologiques, tests de détonique, etc ... Mais la défense conteste les expertises. Me Soulez-Larivière s'en prend violemment à l'expert; ses collègues ne sont pas en reste.
Par Sabine Bernède,
mercredi 25 mars 2009 à 14:21 Procès AZF
Cet après-midi, à 14h10, le procès AZF reprend. Jean-Jacques Guilbaud, secrétaire général de Total, société citée dans le procès, vient à la demande du tribunal présenter le groupe, et ses relations avec sa filiale Grande Paroisse. Jean-Jacques Guilbaud, accompagné de l'avocat Me Jean Veil, s'est assis sur le banc des prévenus aux côtés de Serge Biechlin, l'ancien directeur de l'usine AZF qui a explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse.
Avant cette audition, la défense devrait plaider l'incident concernant le commissaire Saby, qui avait écouté aux portes vendredi après son audition par le tribunal.
Le président évoque les demandes de plusieurs parties sur la question de communication de documents : documents qu'utiliseraient certains témoins ou experts. Le président explique que lorsqu'il s'agit pour le témoin d'utiliser un mémo, il ne voit pas l'utilité de demander la communication du mémo. Lorsqu'il s'agit d'un mémo technique, il pourrait être utile que le document soit communiqué. S'agissant des experts, le principe est que l'expert fait un exposé; dans l'hypothèse où l'expert modifie son exposé, introduit une référence bibliographique, l'expert doit communiquer ses références aux parties. Me Lèguevaques (partie civile) souhaite avoir une copie des exposés de certains témoins, dont celui de M. Maillot. Le président estime que l'exposé suffit.
Me Lèguevaques a d'autre part écrit au tribunal pour demander que soit communiquée "l'intégralité de la transaction signée avec la SNPE ". La SNPE avait en effet retiré sa constitution de partie civile début 2009 après avoir perçu 150 millions d'euros d'indemnités de la part de Total. Me Lèguevaques demande d'autre part que soit communiquée "l'intégralité des documents que les avocats de la SNPE entendaient soumettre au tribunal pour assurer sa défense". Le président a indiqué qu'il joindra la demande au dossier.
Par Sabine Bernède,
mardi 24 mars 2009 à 19:11 Procès AZF
Le procureur regrette d'avoir évoqué le pourcentage de 90% à propos de la piste accidentelle : "C'était une maladresse, la faute aux journalistes". Puis il passe à l'attaque contre la Commission d'enquête interne de Grande Paroisse.
Par Sabine Bernède,
mardi 24 mars 2009 à 17:14 Procès AZF
L'expert judiciaire explique pourquoi, sept jours après la catastrophe, il a émis l'hypothèse accidentelle. Mis en difficulté par la défense et attaqué par l'association "AZF Mémoire et Solidarité", Daniel Van Schendel tente d'esquiver les charges.
Par Sabine Bernède,
mardi 24 mars 2009 à 15:13 Procès AZF
Ingénieur de prévention à l'Inspection du travail, Marie-Laetitia Fournié raconte ses investigations dans l'usine AZF. Le président l'interroge pour savoir si l'Inspection du travail a communiqué ses constatations à la police. La défense est toujours sur la piste du sac de DCCNa.
Par Sabine Bernède,
mardi 24 mars 2009 à 14:14 Procès AZF
Me Daniel Soulez-Larivière, avocat de Grande Paroisse, demande à prendre la parole dès l'ouverture de l'audience. Il évoque le témoignage du commissaire Robert Saby, cité la semaine dernière. "Le commissaire a déclaré qu'il s'était fait avoir par la commission d'enquête interne. Puis il a dit qu'il devait s'expliquer mercredi. Ensuite, le commissaire est allé écouter le témoignage de Jérôme Berthe. Cette situation est intolérable : les témoins ne doivent pas assister au débat.
Pour en revenir à la commission d'enquête interne, on continue à en parler de manière désagréable. Cet histoire de sac de DCCNa ne sent pas bon. Combien y en a-il eu? M.Barat a dit un seul. Qui a mis ce sac dans le 335? On ne sait pas. Ce sac est apparu douze jours après l'explosion. Qui l'a su? Tout le monde, l'inspection du travail, M. Barat avant même d'être nommé. Cette suspicion jetée sur la Commission d'enquête interne est intolérable. Cette histoire de sac ne sent pas bon".
L'avocat de Grande Paroisse fait allusion à un sac de DCCNa, dérivés chlorés, "apparu" dans le hangar 335 de l'usine AZF quelques jours après l'explosion. Il avait été question de ce sac vendredi, après l'audition de M. Barat.
Le président du tribunal répond : "S'agissant de M. Saby, nous examinerons la question demain. Sur la question de savoir comment l'inspection du travail a pu recueillir des informations, j'ai souhaité que Mme Fournié puisse être là à 14 heures".
Par Sabine Bernède,
mardi 24 mars 2009 à 14:05 Procès AZF
Le procès AZF reprend ce jour mardi 24 mars à 14h 10. Il pourrait y avoir quelques étincelles cet après-midi.
L'expert judiciaire Daniel Van Schendel va témoigner. Ainsi que le procureur Michel Bréard qui avait évoqué la thèse accidentelle "à plus de 90%". La défense, en ordre de bataille, devrait passer à l'attaque.
Par Sabine Bernède,
vendredi 20 mars 2009 à 21:57 Procès AZF
(Photo : l'usine AZF)
La semaine prochaine, le procès AZF reprend mardi à 14 heures. Le tribunal poursuit l'examen de l'enquête de flagrance. Il entendra l'expert judiciaire Daniel Van Schendel qui rendra compte des premières constatations faites sur le site de l'usine qui a explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse. Il faut s'attendre à une attaque ... de la défense. Toujours mardi, le procureur Michel Bréard, qui avait évoqué la piste accidentelle à "plus de 90%", va venir témoigner. Le juge d'instruction Thierry Perriquet doit également intervenir.
Audience explosive en perspective.
Mercredi, un représentant de Total, la maison mère de Grande Paroisse, va venir présenter le groupe pétrolier, cité dans le procès.
Jeudi et vendredi, les premières expertises et un cours de détonique.
Le nombre de parties civiles s'élève à la date du 20 mars à 2498.
Par Sabine Bernède,
vendredi 20 mars 2009 à 19:36 Procès AZF
Il recherchait de l'amiante dans le nord de l'usine. Il serait tombé sur un sac de DCCNa, au sud, dans le bâtiment 335, dans une autre mission impromptue.
Par Sabine Bernède,
vendredi 20 mars 2009 à 18:05 Procès AZF
La commission d'enquête interne aurait-elle fait le ménage dans le bâtiment 335 avant l'arrivée des policiers? Pourquoi n'a-t-elle pas informé les enquêteurs de l'état de ses investigations? Jérôme Berthe répond.
Par Sabine Bernède,
vendredi 20 mars 2009 à 16:51 Procès AZF
Chargé de l'enquête criminelle, le commissaire Robert Saby a vidé son sac. Il a raconté le travail "titanesque" que les fonctionnaires de la police toulousaine ont accompli les premiers jours qui ont suivi la catastrophe. Ce policier règle aussi ses comptes avec la Commission d'enquête interne de Grande Paroisse : "Ils ont fait leur enquête sans nous le dire". Il raconte qu'il a même dû "virer" quelques personnes trop curieuses du cratère, qui était considéré par les policiers de la PJ comme "la scène du crime".
Par Sabine Bernède,
vendredi 20 mars 2009 à 14:41 Procès AZF
L'ancienne députée connaissait bien l'usine AZF où son père était infirmier. Elle l'a rappelé. Mais elle a surtout évoqué le rapport de la commission d'enquête parlementaire effectuée après l'explosion.
Par Sabine Bernède,
vendredi 20 mars 2009 à 14:21 Procès AZF
Le procès AZF reprend. Cet après-midi, à 14h05, le tribunal va entendre Yvette Benayoun, conseillère régionale et conseillère municipale, ancienne députée socialiste de la quatrième circonscription de la Haute-Garonne, élue à la mairie de Toulouse, citée par le Comité de défense des victimes d'AZF. Yvette Benayoun va parler de la commission d'enquête parlementaire sur la catastrophe d'AZF.
Après ce témoignage, le tribunal va étudier la question de la concertation entre les différents intervenants, Drire, Inspection du travail, PJ, etc dans l'enquête.
Hier, les premiers instants de l'enquête judiciaire avaient été présentés. Aujourd'hui, ce sont des enquêtes administratives.
Il y a eu la commission d'enquête interne de Grande Paroisse, tenue d'informer les autorités. Certaines de ces personnes indiqueront être arrivées très tôt sur les lieux de la catastrophe, et commenceront leurs travaux d'enquêteurs dès le dimanche 23 septembre 2001. Le président signale la participation d'un ingénieur de la SNPE à ces travaux.
Le CHSCT de l'usine a également effectué sa propre enquête. Ce comité sera assisté par un organisme extérieur, dont il n'a pas retenu les principales conclusions.
L'inspection du travail a fait diligenter une enquête. Le président lit quelques mots de M.Lenoir, le directeur de l'inspection du travail: "Ce rapport est centré sur le seul accident du travail. Il résulte de ces rapports trois procès-verbaux". Le président souligne qu'au cours de l'information judiciaire, les notes prises par les inspectrices du travail ont été saisies par la justice.
Le 22 septembre 2201, Yves Cochet, le ministre de l'Environnement et de l'Aménagement du Territoire, confiait une enquête à l'Inspection générale de l'Environnement. Ce rapport a été remis au bout d'un mois. Le responsable de la mission indiquait ceci : "La mission s'est rendue sur place dès le 24 septembre 2001. La genèse de l'événement n'a pas été possible".
La Drire a diligenté une enquête administrative de son côté.
La Cram a aussi réalisé une enquête.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 23:24 Procès AZF
L'audience a été levée à 21h45 ce jeudi. Le président du tribunal, après avoir demandé l'avis de toutes les parties, a décidé de reporter l'audition de l'expert judiciaire Daniel Van Schendel à mardi prochain en raison de l'heure tardive. Cette audition de Daniel Van Schendel est considérée comme un moment clé du procès.
Le procès se poursuit demain vendredi.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 21:47 Procès AZF
Frédéric Malon, adjoint au SRPJ de Toulouse, raconte comment les policiers ont étudié une quinzaine de pistes pour tenter d'expliquer la cause de l'explosion de l'usine. La thèse de l'acte terroriste, selon lui, n'a pas été négligée.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 20:15 Procès AZF
Marcel Dumas a dirigé l'enquête sur l'explosion de l'usine AZF jusqu'en 2004. Une enquête qui a étudié "toutes les pistes". Y compris celle de l'attentat. Marcel Dumas raconte les premières investigations. Les policiers avaient été devancés dans le bâtiment 335 par la Commission d'enquête interne de Grande Paroisse...
Petite précision : le commissaire n'était pas allé à la pêche, le week-end suivant l'explosion comme suggéré dans le livre de Marc Mennessier, mais il enquêtait dans l'usine AZF. Un magistrat en atteste.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 18:38 Procès AZF
Ce journaliste du Figaro a écrit un livre dans lequel il affirme que la thèse de l'acte de malveillance n'a pas été suffisamment étudiée. Il affirme que trois policiers qui voulaient enquêter sur la piste islamiste en ont été empêchés par leur hiérarchie.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 17:10 Procès AZF
L'audience reprend à 17 heures. Me Casero avait sollicité le tribunal pour qu'il visionne des cassettes extraites des scellés, un film de la gendarmerie sur le survol d'un hélicoptère au-dessus du site le 21 septembre 2001, et un autre sur des images prises le jour de l'explosion aux abords de l'usine. "Les photos que j'ai projetées me semblent déjà avoir éclairé le tribunal sur l'importance de la catastrophe", souligne le président, qui a décidé de ne visionner qu'une seule cassette, celle du film de la gendarmerie.
Le film que visionne le tribunal a été tourné une demi-heure après la catastrophe. Ce document a été enregistré depuis un hélicoptère de la gendarmerie. On y voit l'usine, où ce qu'il en reste, un nuage de fumées qui s'échappent de décombres, et le cratère. L'hélicoptère survole toute la zone chimique, puis les quartiers proches. Des toits n'ont plus de tuiles, des bâtiments sont désintégrés. Le magasin Brossette est dévasté...Sur la rocade, la circulation est arrêtée. La vie paraît comme figée. Et il règne à l'intérieur de la salle Mermoz un silence de cathédrale.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 16:41 Procès AZF
Michel Bréard, l'ancien procureur qui avait évoqué la thèse de l'accident "à plus de 90%", sera entendu par le tribunal mardi. Le président l'indique cet après-midi, en évoquant les premières heures de l'enquête.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 15:50 Procès AZF
L'ancien préfet de la Haute-Garonne témoigne sur le rôle de la Préfecture le jour de l'explosion. Y-a-t-il eu un complot des plus hautes autorités de l'Etat pour donner la version de la thèse accidentelle? "Cela n'a pas de sens", répond Hubert Fournier.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 14:43 Procès AZF
L'actuel président du Conseil économique et social avait été l'un des rares responsables à plaider pour le maintien du pôle chimique à Toulouse après l'explosion de l'usine AZF. Il déclare aussi qu'il ne croit pas à la thèse de l'accident et réclame "la vérité".
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 14:21 Procès AZF
Le tribunal aborde cet après-midi les enquêtes qui ont été faites sur l'explosion de l'usine AZF.
Le président lit une lettre du 12 mars de l'ancien ministre Laurent Fabius, dont voici les extraits : "Dans le cadre du procès AZF, vous m'avez informé d'une citation. Il m'est impossible d'être présent à cette date, et je vous prie de m'en excuser. Je ne possède aucune information particulière sur l'événement".
Voici des extraits de la lettre adressée au tribunal par Lionel Jospin, ancien Premier ministre : "Je ne suis détenteur d'aucune information susceptible de concerner les événements. Je ne peux accéder à la demande d'une partie civile de me voir témoigner".
Ces deux anciens ministres étaient cités à la demande de Monique Mauzac, partie civile, dont l'avocat Me Jean-Louis Forget, a commenté : "Ce sont les seuls témoins qui ne défèrent pas à une citation. Ces hommes politiques sont prompts à s'exprimer dès qu'un événement se produit, mais sont moins enclins à venir expliquer comme citoyens les raisons de leur expression à ce moment-là".
Pour la défense, Me Daniel Soulez-Larivière, reproduit une déclaration de l'ancien président de la République Jacques Chirac le 21 septembre 2001 à Toulouse : "Les données actuelles laissent à penser qu'il s'agit d'un accident". Me Soulez-Larivière cite une déclaration du procureur faite à France 3, Michel Bréard, ce même jour : "Je n'ai aucune hypothèse à formuler, je n'exclue rien, je ne conclus rien".
Le tribunal demande à la défense de lui communiquer ces éléments.
Par Sabine Bernède,
jeudi 19 mars 2009 à 14:07 Procès AZF
Le procès AZF reprend cet après-midi à 14h15 devant le tribunal correctionnel de Toulouse. Peut-être une audience clé, un tournant dans le procès, avec le témoignage attendu de l'expert judiciaire Daniel Van Schendel. Daniel Van Schendel est intervenu sur le site de l'usine AZF qui a explosé le 21 septembre 2001 à la demande de la justice toulousaine; le collège d'experts dont il fait partie a conclu à l'accident : c'est cette thèse qu'a retenu l'accusation.
La défense, le bataillon d'avocats de Grande Paroisse, va passer à l'attaque, suivant une stratégie désormais bien rodée : Me Mauricia Courrégé pourrait "mitrailler" l'expert de questions pour tenter de le déstabiliser, réservant les effets de manche à Me Daniel Soulez-Larivière, et les pontifiants rappels à la réglementation à Me Jean-Pierre Boivin.
Avant cela, le tribunal devrait entendre l'ancien préfet de la Haute-Garonne Hubert Fournier, et l'actuel président du Conseil économique et social Jean-Louis Chauzy. Le journaliste du "Figaro" Marc Mennessier, auteur du livre "AZF, un silence d'Etat" (Seuil), est également cité.
Le président Thomas Le Monnyer devrait lire à l'audience la lettre de Lionel Jospin, ancien Premier ministre, cité à la demande de Monique Mauzac, partie civile.
Par Sabine Bernède,
mercredi 18 mars 2009 à 21:39 Procès AZF
(Photo : Jean-Pierre Boivin, avocat de la défense, Grande Paroisse)
Pour réduire l'impact de témoignages peu favorables, la défense fait citer deux témoins. Jacques Salamitou présidait l'organisme certificateur Afaq; selon lui, l'auditeur Gabriel Ullmann qui avait comparé AZF à Zola avait des "problèmes de comportement". Le second témoin, Henri Fournet, était spécialiste de la sécurité industrielle au sein de Grande Paroisse. Il explique la politique de sécurité du groupe.
Par Sabine Bernède,
mercredi 18 mars 2009 à 17:46 Procès AZF
Patrick Couturier, ingénieur de la Drire, contrôlait les douze sites classés Seveso de la région Midi-Pyrénées. Il indique avoir eu le sentiment que le site de Grande Paroisse manquait de moyens d'investissements. Il affirme également avoir ignoré que l'entreprise stockait du nitrate agricole et du nitrate industriel dans le même hangar 221. Faux, répond la défense qui réplique point par point.
Par Sabine Bernède,
mercredi 18 mars 2009 à 15:51 Procès AZF
L'administration contrôle les installations classées. Elle le faisait deux fois par an. Alain Dorison, l'ancien directeur de la Drire, direction régionale de l'industrie, recherche et environnement, a rappelé que l'industriel est responsable de la sécurité dans son usine.
Par Sabine Bernède,
mercredi 18 mars 2009 à 15:02 Procès AZF
Militant écologiste toulousain, Gérard Onesta allait régulièrement manifester devant l'usine AZF pour dénoncer la dangerosité du site. Devenu élu au Parlement européen, il continue à lutter contre "la logique économique qui se fait au détriment de l'écologie".
Par Sabine Bernède,
mercredi 18 mars 2009 à 14:07 Procès AZF
Ce mercredi 18 mars, à 14h10, le procès AZF reprend. Cet après-midi, des fonctionnaires de la Drire (Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement) vont venir expliquer quels contrôles s'appliquaient à l'usine AZF qui a explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse, usine classée Seveso 2. Le vice-président du Parlement européen Gérard Onesta est cité à la demande des Verts.
Par Sabine Bernède,
mercredi 18 mars 2009 à 11:00 Procès AZF
Il était cité à la demande de Monique Mauzac, partie civile. L'ancien Premier ministre Lionel Jospin a fait savoir qu'il ne se rendra pas demain jeudi au procès AZF. Lionel Jospin a écrit au président du tribunal Thomas Le Monnyer. Sa lettre sera lue à l'audience, ainsi que celles de l'ancien ministre socialiste Laurent Fabius.
Partie civile, Monique Mauzac souhaitait que Lionel Jospin vienne expliquer pourquoi il avait évoqué la thèse de l'accident le jour de sa venue à Toulouse le 21 septembre 2001 après l'explosion de l'usine. Devant les caméras de télévision, l'ancien Premier ministre avait évoqué la cause de l'accident, entre "autres".
Par Sabine Bernède,
mardi 17 mars 2009 à 19:19 Procès AZF
Le président du tribunal Thomas Le Monnyer présente à l'audience un plan de l'usine. Au nord, étaient les nitrates. Au sud,l'atelier des produits chlorés. Le président pointe l'endroit où se trouvait le hangar 221, épicentre de l'explosion, puis le bâtiment 335 où les produits chlorés et le nitrate auraient pu se croiser.
Par Sabine Bernède,
mardi 17 mars 2009 à 17:23 Procès AZF
En matière de sécurité, Pierre Wiedemann est l'un des experts d'Atofina. Il est cité à la demande de la défense qui entend montrer et démontrer que la sécurité était un souci majeur dans les usines du groupe Grande Paroisse. Pierre Wiedemann avait contrôlé l'usine de Toulouse, à laquelle il avait attribué la note de 2,5 sur 4. Mais il n'avait pas envisagé le risque de croisement des produits dans l'usine.
Par Sabine Bernède,
mardi 17 mars 2009 à 15:19 Procès AZF
Gildas Thomas (photo) et Roland Le Goff travaillaient pour les services sécurité. L'un et l'autre rapportent une confidence faite par le colonel des sapeurs-pompiers...
Par Sabine Bernède,
mardi 17 mars 2009 à 14:42 Procès AZF
Ancien salarié d'AZF chargé de la sécurité, toujours à la CGT, aujourd'hui président de l'association "AZF Mémoire et solidarité", Jacques Mignard prend la défense de son ancien patron Serge Biechlin, et assume sa triple casquette : "Je ne suis pas contradiction".
Par Sabine Bernède,
mardi 17 mars 2009 à 13:05 Procès AZF
Ce mardi 17 mars à 13h15, l'audience du procès correctionnel reprend. Le procès AZF entre dans sa quatrième semaine. Cet après-midi, le tribunal revient sur les conditions de sécurité dans l'usine qui a explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse. Plusieurs témoins vont être entendus, Jacques Mignard, Gildas Thomas et M. Legoff.
Par Sabine Bernède,
samedi 14 mars 2009 à 22:41 Procès AZF
Le procès AZF va entrer dans une semaine décisive. Jeudi 19 mars, le tribunal correctionnel de Toulouse va évoquer les premières investigations et les premiers avis d'experts qui ont orienté l'enquête vers la thèse actuelle de l'accusation, à savoir la thèse accidentelle. L'ancien Premier ministre Lionel Jospin, qui avait évoqué la cause de l'accident en se rendant sur les lieux de l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001, va peut-être se rendre à l'audience.
Par Sabine Bernède,
vendredi 13 mars 2009 à 17:39 Procès AZF
Jacques Saint-Paul a dirigé pendant 7 ans l'usine AZF. Il décrit les investissements accomplis pendant la période. Chaque jour, il passait une heure à faire le tour de l'usine. Et il connaissait le hangar 221.
Par Sabine Bernède,
vendredi 13 mars 2009 à 16:19 Procès AZF
Daniel Grasset, le directeur de Grande Paroisse, répond aux questions sur la sécurité du site de l'usine classée Seveso. Pour lui, la sécurité était bonne. Mais des dépositions d'intérimaires ou de salariés le contredisent.
Par Sabine Bernède,
vendredi 13 mars 2009 à 15:20 Procès AZF
Au "hasard" de l'audition du contremaître du laboratoire d'AZF, un avocat mentionne la disparition de flacons de chrome. Serge Biechlin trouve cette disparition "mystérieuse".
Par Sabine Bernède,
vendredi 13 mars 2009 à 14:59 Procès AZF
Elle était responsable du laboratoire central d'AZF qui contrôlait les produits. A la demande de la défense, Mireille Albert décrit de manière très rigoureuse l'activité de son laboratoire. Mais le président l'interroge sur les analyses que la direction lui a demandé de faire après le 21 septembre.... Des analyses d'échantillons prélevés sur des sacs.
Par Sabine Bernède,
vendredi 13 mars 2009 à 14:10 Procès AZF
Ce vendredi 13 mars, l'audience du tribunal correctionnel reprend à 14h15. Cet après-midi, le tribunal va se pencher sur l'organisation de la sécurité dans l'usine AZF qui a explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse. Plusieurs témoins vont être entendus, quatre cités par la défense et deux par le ministère public.
Par Sabine Bernède,
jeudi 12 mars 2009 à 17:29 Procès AZF
Cet ingénieur avait réalisé plusieurs audits sur l'usine de Toulouse. Il se montrait très critique sur la vétusté du site, et certaines conditions de stockage qu'il qualifiait de "dangereuses". Un témoignage "choc", notamment sur le chlore .
Par Sabine Bernède,
jeudi 12 mars 2009 à 15:54 Procès AZF
Elu au Comité hygiène et sécurité du groupe Total, Philippe Saunier décrit le recours à la sous-traitance chez le pétrolier : "80% des accidents graves et mortels sont subis par des personnels sous-traitants dans mon usine", affirme-t-il. En matière de formation, de salaire, d'équipement, "il y a deux poids, deux mesures".
Par Sabine Bernède,
jeudi 12 mars 2009 à 15:12 Procès AZF
Annie Thebaud Mony est chercheur à l'Inserm. Elle travaille sur la sous-traitance et la division du travail qui selon elle, conduit à des accidents et une perte de mémoire industrielle. L'entreprise AZF faisait appel à 238 entreprises sous-traitantes, notamment pour la gestion des déchets.
Par Sabine Bernède,
jeudi 12 mars 2009 à 14:11 Procès AZF
Cet après-midi à 14h15, l'audience du tribunal correctionnel consacrée au procès d'AZF reprend. Des témoins vont être entendus sur l'organisation de la sécurité et les contrôles internes dans l'usine qui explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse. D'autres témoins vont être interrogés sur la normalisation 1so 14001 et les audits. Cette question de la sécurité sera de nouveau évoquée.
Par Sabine Bernède,
mercredi 11 mars 2009 à 20:56 Procès AZF
Patrick Delaunay était le responsable de l'atelier ACD de l'usine AZF où se fabriquaient les produits chlorés. L'ATCC pouvait parfois produire de "petites déflagrations". Le DCCNa pouvait se "décomposer".
Par Sabine Bernède,
mercredi 11 mars 2009 à 16:43 Procès AZF
Claude Calisti et Dominique Deharo sont des spécialistes en explosifs. Ils exposent les propriétés du chlore et du nitrate d'ammonium. Ils rappellent dans quelles conditions ces produits peuvent être dangereux. Les propriétaires de piscine et les agriculteurs devraient être alertés!
Par Sabine Bernède,
mercredi 11 mars 2009 à 14:14 Procès AZF
Ce mercredi 11 mars, à 14h15, l'audience reprend avec des exposés d'experts, notamment ceux des experts judiciaires Claude Calisti, ancien directeur du LCPP (Laboratoire central de la préfecture de Paris) et Dominique Deharo (responsable du département incendie explosion du laboratoire de police scientifique de Toulouse qui fait partie de l'INPS,l'Institut national de police scientifique) agréés par la cour de cassation de Paris.
Claude Calisti et Dominique Deharo avaient été mandatés par les juges d'instruction pour déterminer les causes de l'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001 à Toulouse.
Par Sabine Bernède,
mardi 10 mars 2009 à 22:24 Procès AZF
Total a reconnu avoir indemnisé des familles pour trois décès supplémentaires liés à l'explosion de l'usine AZF. L'association Familles endeuillées lance un appel à ces familles.
Par Sabine Bernède,
mardi 10 mars 2009 à 20:08 Procès AZF
Ce professeur émérite de l'université Paul Sabatier de Toulouse cherche toujours l'étincelle qui a pu faire exploser le tas de nitrates d'ammonium. Il s'est présenté devant le tribunal avec des petits cubes...
Par Sabine Bernède,
mardi 10 mars 2009 à 19:28 Procès AZF
Ce scientifique de 84 ans est un expert en explosifs. Il connaissait bien l'usine AZF qu'il trouvait "magnifique". Mais il avait attiré l'attention de la direction sur les conditions de stockage du nitrate d'ammonium,et la gestion des déchets.
Par Sabine Bernède,
mardi 10 mars 2009 à 16:30 Procès AZF
Ancien ingénieur de l'usine AZF, responsable de la production, René Maillot fait une présentation "power point" du système de sécurité de l'usine. Sur le papier, tout était parfait. Une étude de danger était en train d'être réalisée sur le hangar 221; lequel a explosé avant la fin de l'étude...
Le jour de l'explosion, René Maillot est intervenu avec quelques salariés pour sécuriser le site. Il aurait pu se produire un "sur-accident", en plus de la catastrophe.
Par Sabine Bernède,
mardi 10 mars 2009 à 15:02 Procès AZF
Jacques Palluel était ingénieur à l'usine AZF. Il explique devant le tribunal comment son service contrôlait la production. Et quels systèmes de contrôles et de sécurité avaient été mis en place.
Le hangar 221 n'était équipé d'aucun capteur.
Par Sabine Bernède,
mardi 10 mars 2009 à 14:09 Procès AZF
Ce mardi 10 mars, à 14h10, l'audience du tribunal correctionnel reprend. Le tribunal va entendre des témoins et un expert sur les propriétés du nitrate d'ammonium et du chlore fabriqués dans l'usine AZF qui a explosé le 21 septembre 2001.
Une leçon de chimie qui se poursuivra demain avec d'autres experts.
Par Sabine Bernède,
samedi 7 mars 2009 à 22:11 Procès AZF
On va entrer dans le vif du sujet, cette semaine, au procès d'AZF. Quatre audiences vont être consacrées à l'organisation de l'usine qui a explosé le 21 septembre 2001 à Toulouse.
Première leçon de chimie, ce mardi 10 mars, sur les dérivés chlorés, le nitrate d'ammonium et ses propriétés explosives.
Mercredi, exposé de deux experts judiciaires, Dominique Deharo et Claude Calisti.
Jeudi et vendredi, l'organisation de la sécurité, les contrôles internes dans l'usine.
Rappelons que ce procès, le plus grand jamais organisé en France devant un tribunal correctionnel, dure quatre mois. Un procès hors norme, donc, pour la plus grand catastrophe industrielle que le pays ait connu depuis la Seconde Guerre mondiale : 31 morts, 20 800 blessés, 85000 sinistrés.
Sur le banc des prévenus : Serge Biechlin, l'ancien directeur de l'usine, la société Grande Paroisse. La maison mère Total, son ancien PDG Thierry Desmarest, ont été cités, mais ne seront présents qu'en juin.
Par Sabine Bernède,
samedi 7 mars 2009 à 21:54 Procès AZF
Elles étaient 1813 le 20 février dernier. Les parties civiles sont au nombre de 2302, à la date de ce vendredi 6 mars. Ce nombre peut encore augmenter, puisque les victimes de l'explosion de l'usine AZF, le 21 septembre 2001 à Toulouse, ont jusqu'au mois de juin pour se manifester au tribunal correctionnel et se constituer parties civiles.
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 20:21 Procès AZF
Stanislas Petrikowski était responsable des services généraux à l'usine AZF. Il explique comment il effectuait la maintenance des installations de l'usine. Il avait été mis en examen en 2002 avant d'obtenir un non lieu.
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 18:21 Procès AZF
Serge Biechlin poursuit sa description de son "usine modèle" : l'usine AZF. Il décrit l'organisation de l'entreprise, et ne tarit pas d'éloge sur son personnel. Il minimise l'apport de personnel extérieur : "En continu, dans l'usine, il n'y avait que neuf entreprises sous-traitantes".
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 17:30 Procès AZF
A la reprise de l'audience, Me Soulez-Larivière, pour la défense, revient sur la série de photos qui a fait un peu désordre, et interroge Serge Biechlin.
Me Soulez-Larivière : Un barbecue pouvait-il être organisé dans l'usine?
Serge Biechlin : Ce barbecue, manifestement, a eu lieu dans une entrée d'un atelier en zone blanche. Mais même en zone rouge, il suffisait d'avoir un permis pour faire du feu, moyennant une procédure spécifique.
Me Soulez-Larivière : Les silos de 1932, est-ce que cela pose un problème?
Serge Biechlin : La réponse est évidente. Si le silo est en état, cela ne pose pas de problème.
Me Soulez-Larivière : Les sacs étaient chargés à dos d'homme. Pourquoi?
Serge Biechlin : Les nitrates industriels, à l'étiquette orange, sont expédiés dans le monde entier. Les clients veulent des conteneurs pleins. C'est pourquoi des hommes chargent les sacs d'un coup d'épaule pour les positionner dans les conteneurs.
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 17:14 Procès AZF
Parmi les défenseurs de la société Grande Paroisse, le cabinet Boivin, spécialisé dans l'environnement industriel, vient d'entrer en scène dans ce procès. Me Jean-Pierre Boivin, assisté de Me Manuel Pennaforte et de Christelle Ferrand, va maintenant se charger d'intervenir sur les conditions de fabrication dans l'usine et les conditions de travail. Ces trois avocats s'ajoutent au staff de la défense dirigé par Me Daniel Soulez-Larivière.
Au total, Grande Paroisse bénéficie d'une dizaine d'avocats pour sa défense : Me Jacques Monferran, Emmanuelle Monferran, Chantal Bonnard, Moricia Courrégé, Simon Forman assistent Me Soulez-Larivière.
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 16:48 Procès AZF
Le tribunal diffuse deux films de promotion de l'usine AZF, dans lesquels on voit les images d'une entreprise moderne, contrôlée. Mais tout de suite après, sont diffusées des photographies prises par un ancien salarié de l'usine qui montrent un autre visage de l'entreprise : fuites de produits, barbecue dans un atelier... Des images contrastées. On est alors loin de l'usine "modèle".
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 15:40 Procès AZF
En 2001, l'usine AZF était la seule unité de la Sa Grande Paroisse à fabriquer à la fois des engrais, les nitrates, et des dérivés chlorés. Des produits incompatibles entre eux. Les nitrates étaient fabriqués au nord de l'usine, les produits chlorés en sud. Il n'y avait aucune séparation physique (mur) entre les deux zones.
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 15:28 Procès AZF
Serge Biechlin est appelé à la barre. L'ancien directeur de l'usine AZF, vêtu d'un costume gris, chausse ses lunettes lire les présentations de l'organisation industrielle de l'usine. Il parle encore de son entreprise au présent : "Remarquez comme notre usine est bien organisée!".
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 14:26 Procès AZF
L'usine AZF, pour beaucoup de Toulousains, c'était l'Onia. Une usine, des logements pour les salariés dans le quartier Papus, des colonies de vacances pour les enfants... Une "famille".
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 14:13 Procès AZF
Ce vendredi 6 mars, à 15h15, l'audience du tribunal correctionnel reprend.
L'historique de l'usine AZF va être abordée. Ainsi que ses productions, l'organisation du travail, plus spécifiquement au sein des ateliers ou services concernés.
On va commencer à entrer dans le vif du sujet : comment l'explosion du 21 septembre 2001 a-t-elle pu se produire?
Par Sabine Bernède,
vendredi 6 mars 2009 à 13:43 Procès AZF
Le tribunal correctionnel de Toulouse, qui siège maintenant depuis deux semaines salle Mermoz pour le procès AZF, se compose de cinq magistrats du siège : le président Thomas Le Monnyer, assisté de Danièle Mirabel, vice-présidente, Edwige Bit, juge, (assesseurs titulaires) à sa droite, Hélène Ratinaud, vice-présidente placée, et Alain Fouquet, juge placé, (assesseurs suppléants) à la gauche du président. Le ministère public est représenté par Patrice Michel, procureur de la République adjoint, et Claudie Viaud, vice-procureur.
Trois greffiers assistent les magistrats : Maryse Bonaventure, Alain Fauré, Emmanuelle Reynolds.
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 20:02 Procès AZF
Pascal Tailleux, de la CGT, partie civile dans ce procès, est intervenu : "Pour la CGT, les raisons de cette catastrophe sont la politique de Total, donc de Grande Paroisse filiale à 100% en matière d'organisation du travail où seule prime la rentabilité avec pour conséquences les suppressions d'emploi, la sous-traitance et la précarité à outrance". Francis Laissac, de la CFDT, a également pris la parole.
L'audience a été suspendue à 18heures.
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 19:31 Procès AZF
Thomas Le Monnyer, le président du tribunal correctionnel, intervient pour rappeler à Gérard Ratier à l'ordre : En ce qui concerne le délit d'entrave que vous évoquez, un non lieu a été prononcé, qui concerne aussi bien les faits, que le droit. Je vous laisse libre de vos propos. Mais si les faits étaient aussi constants que vous le dites, le tribunal ne prendrait pas quatre mois pour les aborder".
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 18:09 Procès AZF
Gérard Ratier, le président des familles endeuillées, prend la parole : "Notre association compte 133 adhérents, qui ont tous un lien de parenté avec les familles de disparus. 21 familles sont représentées dans notre association. J'ai l'honneur aujourd'hui de m'exprimer en leur nom. Pour qui sommes-nous là dans ce procès?
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 17:25 Procès AZF
Après une suspension, l'audience reprend à 17 heures avec le témoignage de Frédéric Arrou, le président de l'association des sinistrés du 21 septembre.
"Je ne voudrais pas entrer dans une polémique avec les salariés. Je voudrais leur dire que jamais nous ne les avons désignés comme les responsables de la catastrophe. Nous déplorons encore d'être dans ce face à face terrible. C'est anormal. Nous pouvons comprendre qu'ils étaient dans l'usine comme une famille. Nous ne faisons pas partie de cette famille. Cette usine, elle nous a explosé au visage".
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 16:34 Procès AZF
Jacques Mignard, le président de l'association "AZF Mémoire et Solidarité", raconte son vécu à l'usine : "J'y ai passé 30 ans. J'ai vu peu à peu la ville venir vers l'usine. Les riverains sont très rarement venus aux réunions qui étaient organisées sur la sécurité de la zone. J'ai été surpris qu'au lendemain du 21 septembre, certains se sont manifestés comme de grands protecteurs de l'environnement. Je veux revenir au 21 septembre. J'ai eu de la chance de quitter la zone la plus atteinte, une minute plus tôt. J'ai été appelé à rencontrer un de mes collègues, j'y suis allé. Je suis passé devant le hangar 221, je n'ai rien remarqué d'anormal. Puis j'ai entendu une explosion".
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 15:39 Procès AZF
Le nombre de décès liés à l'explosion n'a-t-il pas été supérieur au chiffre de 31 victimes officiellement recensées? N'y -a-t-il pas eu, dans les jours qui ont suivi l"'explosion, d'autres décès?
Me Stella Bisseuil, avocate de l'association des familles endeuillées, demande si des décès déclarés après l'explosion, ont pu être imputables partiellement ou complètement à la catastrophe. Me Christophe Lèguevaques, avocat de la mairie de Toulouse, produit à l'audience le nombre de décès survenus à Toulouse en 2001 : 5135 personnes décédées, contre 4985 décès en 2000 et 4745 en 2002. La question est débattue.
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 15:22 Procès AZF
Le Dr Thierry Lang était chargé du suivi sanitaire de la population toulousaine. "Nous avons mis en évidence des conséquences sanitaires, comme un pic d'infarctus du myocarde qui a suivi la catastrophe". Le programme de ce comité a débuté dans la semaine qui a suivi l'explosion. Ce programme auprès de 2500 personnes sera achevé fin 2009. Le Dr Lang a montré que les victimes les plus proches du lieu de l'explosion, le plus souvent des personnes de milieux populaires, ont été les plus touchées.
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 14:49 Procès AZF
Le professeur Louis Arbus est neuropsychiatre et professeur de médecine légale honoraire. Il est cité comme témoin.
Dans l'affaire de l'explosion d'AZF, le Pr Arbus a participé aux réunions de suivi des blessés de la catastrophe. Il était chargé d'évaluer le préjudice spécifique de chaque victime, en plus du precium doloris.
Le Pr Arbus a indiqué quels facteurs étaient pris en compte pour cette évaluation. "L'état des blessures, la panique ambiante par exemple, la destruction de l'habitation, l'isolation de la famille notamment" .
Me Agnès Casero l'interroge sur les conditions de l'évaluation du préjudice.
Le Pr Arbus : "Nous faisons notre travail avec le maximum d'efficacité, dans le souci d'apporter la vérité. En matière de choc post-traumatique, nous agissons de même pour que l'évaluation du préjudice soit la plus proche possible".
Me Agnès Casero : Est-il donc normal de noter des différences entre vos expertises et celles de vos collègues?
Pr Arbus : "J'ai souvent remarqué qu'il y avait des différences entre ce que disent des avocats".
Me Priollaud : Des certificats médicaux, présentés en 2005 étaient refusés. Pourquoi?
Pr Arbus : "Ce n'est pas le Pr Arbus qui a répondu, c'est la commission".
Le président du tribunal rappelle qu'un système d'indemnisation avait été mis en place à l'amiable pour permettre aux victimes d'être indemnisées dans les meilleurs délais.
Par Sabine Bernède,
jeudi 5 mars 2009 à 14:16 Procès AZF
A 14h20, ce jeudi 6 mars, l'audience reprend. Cet après-midi, le tribunal présidé par Thomas Le Monnyer va continuer d'entendre des parties civiles : les représentants des associations. Ensuite le tribunal écoutera les médecins et les personnes chargées de la prise en charge et de l'indemnisation des victimes.
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 18:33 Procès AZF
A 18h30, le tribunal, en accord avec toutes les parties, ouvre deux scellés qui contiennent des cassettes vidéo. Ces cassettes seront diffusées à la demande de Me Agnès Casero.
L'audience est suspendue. Elle reprend demain.
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 18:30 Procès AZF
A la date de ce mercredi 4 mars, le tribunal correctionnel de Toulouse a reçu 2200 constitutions de parties civiles. Des victimes peuvent encore se faire connaître au tribunal, où un avocat se tient à leur disposition. Les victimes ont jusqu'au mois de juin, avant les réquisitions du ministère public, pour se constituer partie civile.
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 18:25 Procès AZF
Après une vie de labeur, Guy Fourest et son épouse venaient d'acquérir une petite maison, route de Seysses à Toulouse. La maison fut détruite par l'explosion. "Un désastre. Plus de plafond, plus de porte, plus de fenêtre. L'armoire, qu'on avait mis du temps à acheter, était cassée. Nous avons passé la journée de façon pénible. Quand mon fils m'a appelé, je lui ai dit : "Jean-Pierre, nous n'avons plus de maison".
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 17:34 Procès AZF
Sandrine Carol roulait sur la rocade toulousaine le 21 septembre 2001. Sa voiture a été endommagée par l'explosion. Légèrement blessée, elle est aujourd'hui remise physiquement. Mais souffre de "phonophobie". Elle ne supporte plus le bruit.
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 16:58 Procès AZF
Gilles Morano, se dit victime deux fois. Il est salarié de la SNPE, et riverain.
Il raconte : "Le jour du 21, je me trouvais dan un bâtiment de stockage. J'ai plongé dans une fosse. Puis j'ai pris un masque à gaz pour aller voir ce qui se passait dehors. Les gens étaient hagards. Je me suis rendu sur mon atelier voir si tout était en sécurité. Nous avons évacué des blessés. Vers midi, je suis rentré chez moi. Car je savais que ma maison avait subi des dégâts. J'habite dans le quartier. Ma femme et mon fils étaient à la maison, ma fille était à l'école des Oustalous. Lorsque je suis rentré, ils tous les trois devant la maison. Ils étaient là. On s'est retrouvé tous les quatre... L'après-midi, nous avons déblayé. J'ai mis une bâche sur le toit. Nous avons aidé les voisins".
Gilles Morano poursuit : "Ce qui a été terrible, après, c'est que l'on nous a traités d'assassins, nous, les employés de la chimie. Tous les salariés ont pris cela pour eux. La presse disait des énormités; certaines associations ont été virulentes. On ressentait un profond sentiment d'injustice. Dans l'année qui a suivi, on a eu des cancers, des suicides, des crises cardiaques parmi les collègues : on n'arrêtait pas d'aller dans les cimetières pour enterrer des copains.... Depuis 2001, je suis toujours dans un mauvais rêve".
Gilles Morano travaille toujours à la SNPE. Le nombre de salariés est passé de 600 à 80.
Le président du tribunal lui demande si le jour de l'explosion, un événement précurseur s'est produit à la SNPE. Gilles Morano répond par la négative. "Nous avons considéré la thèse de l'arc électrique comme une manoeuvre d'AZF".
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 16:43 Procès AZF
Nicole Cadours, éducatrice, raconte son 21 septembre.
Elle travaillait au centre André Bousquairol route de Seysses à Toulouse, près du pôle chimique : "Nous étions en réunion. Au moment de l'explosion, nous nous sommes jetés sous les tables. Puis nous sommes descendus pour évacuer les enfants. Et là, vision d'horreur. Les baies vitrées avaient reculé sur trois mètres et s'étaient écrasées sur les enfants, des polyhandicapés. Nous avons évacué les enfants au milieu du parc. C'était la panique générale. Les médecins ont amené les bébés à l'hôpital Purpan, et nous, nous avons pris des minibus pour amener d'autres enfants à Saint-Lys, dans un autre centre. Nous avons fait ces allers et retours jusqu'à 17 heures. Puis nous nous sommes occupés de savoir comment organiser la prise en charge des enfants pour le week-end, et la suite. Notre centre était détruit".
Nicole Cadours explique ensuite combien les enfants handicapés ont été perturbés par cette explosion. Sept ans après, dit-elle, "notre sensibilité est toujours à fleur de peau. J'ai envie de vous dire qu'avec moi, devant vous, se trouvent tous les enfants dont nous nous occupons, et tout le personnel.Nous avons subi cette chose qui n'aurait jamais dû être. En nous est montée la colère. Nous aussi, nous avons été isolés. Nous sommes une association, nous avons uni nos forces pour nous en sortir. Nous n'avons dû compter que sur nous mêmes".
Depuis, l'association a déménagé à Villeneuve-Tolosane.
"Personnellement, je peux aussi vous dire que je me sens aussi victime de ce qui s'est passé. Ma mère a été victime de l'explosion. Sa maison a été sinistrée. J'ai dû l'assister parce qu'elle était veuve. Elle est décédée depuis", ajoute Nicole Cadours.
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 16:29 Procès AZF
Après une suspension d'audience, de 15h30 à 16 heures, le tribunal entend d'autres victimes.
Stéphanie Mazera, une jeune femme, raconte : "J'avais 24 ans à l'époque, deux filles de neuf mois. Le 21 septembre 2001, je livrais AZF. Ce jour là, on m'a coupé l'herbe sous les pieds. J'ai été très grièvement blessée. Je me suis retrouvée à l'hôpital. J'étais terrorisée, je pensais à la fin du monde. On ne voyait pas la couleur du ciel; Je pensais à mon mari et mes filles. J'avais dépassé le seuil de douleur. M. Paillas m'a posé un garrot. Depuis 7 ans et demi, j'ai conscience, dans mon malheur, de la chance que j'ai d'être là. On s'est retrouvé un peu seul, on s'est senti abandonné. J'étais en état de survie; quatre opérations en quatre jours, un oedème cérébral.
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 15:18 Procès AZF
Le fils de Louis Uribelarrea évoque le souvenir de son père. D'abord, devant le tribunal, il se déclare très ému par les témoignages bouleversants qu'il vient d'entendre.
Le cas de Louis Uribelarrea, un homme de 70 ans, retraité de Carmaux dans le Tarn, est particulier : "c'est un noir destin", dit son fils. Le 21 septembre 2001, Louis Uribelarrea est opéré à la clinique Pasteur de Toulouse. Il contracte une maladie nosocomiale. Il décède peu après. "Pour notre famille, cela a été le silence, accuse le fils. Nous avons dû attendre trois mois pour savoir que notre père est mort des suites d'une maladie nosocomiale. Nous, nous avons été traumatisés par le silence".
Louis Uribelarrea a été reconnu comme la trente-et-unième victime de l'explosion de l'usine AZF
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 14:57 Procès AZF
Brice Le Doussal, 18 ans, et sa soeur Lucile, 16 ans, viennent témoigner et rappeler le souvenir de leur père, Thierry Le Doussal, 42 ans, mort dans l'explosion de l'usine AZF. Thierry Le Doussal était responsable de l'environnement à l'usine AZF. Son épouse raconte qu'une semaine avant l'explosion, Thierry Le Doussal était très préoccupé. Il lui a dit : "Il en faudrait peu pour que cela explose".
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 14:37 Procès AZF
"Je m'appelle Gérard Ratier. Je suis le père d''Alain Ratier, célibataire qui vivait avec ses parents. Il avait 35 ans. Il travaillait chez Otis. Il était parfois appelé pour la maintenance des monte-charges des secteurs nord de l'usine. Ce 21 septembre, il intervenait dans la cour. Ce même jour, dans mon atelier, le vent d'autan s'acharne sur le portail. Soudain : un fracas épouvantable. Un lourd silence. J'ouvre lentement les portillons. C'est une explosion voisine, me dis-je. Dans la rue, il n'y a rien. Le vent d'autan emporte le silence suspect. Je reviens dans l'atelier".
Par Sabine Bernède,
mercredi 4 mars 2009 à 14:25 Procès AZF
Ce mercredi 4 mars, à 14h25, l'audience du tribunal correctionnel reprend avec l'audition des victimes de l'explosion de l'usine AZF. Le président du tribunal souhaite en premier donner la parole aux familles éprouvées par le décès d'un proche. Gérard Ratier, qui a perdu son fils Alain, va s'exprimer en premier.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 23:10 Procès AZF
Hier soir, à la sortie du tribunal, le frère d'une victime s'est déclaré profondément choqué du décompte de "cadavres" qui a été fait tout au long de la soirée. Me Stella Bisseuil, l'avocate de l'association des familles endeuillées, s'est pour sa part indignée de la stérilité du débat.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 22:06 Procès AZF
Confrontation entre Gildas Thomas et le colonel Donin. L'un et l'autre campent sur leur position. Le cadre d'AZF affirme que le colonel des pompiers lui a remis une liste de 29 victimes. Le colonel Donin dément.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 21:13 Procès AZF
Le colonel Claude Donin, mis en cause par le témoin précédent, est interrogé par le tribunal. Le colonel Donin était le 21 septembre 2001 directeur départemental des services d'incendie et de secours à Toulouse. Il se trouvait en réunion au moment de l'explosion. "Nous avons pensé que quelque chose d'anormal venait de se produire"... Le colonel Donin nie avoir rencontré Gildas Thomas, et lui avoir remis une liste de noms de personnes disparues.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 20:03 Procès AZF
Gildas Thomas, responsable des relations sociales de l'usine AZF en 2001, se trouve dans le bâtiment administratif au moment de l'explosion. Blessé, il est transporté dans une clinique. Vers 16 heures, le 21 septembre, il est de retour dans l'usine. "J'avais 459 personnes à pointer. J'ai fait cette tâche jusqu'au soir. Au fur et à mesure que l'on m'indiquait des noms de victimes, je les portais sur mon listing. A 16 heures, le colonel Donin m'apporte une liste de 29 noms"...
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 19:13 Procès AZF
Le président du tribunal Thomas Le Monnyer interroge Michel Chauvet, un sapeur-pompier toulousain, sur la réorganisation des secours dans l'usine due à l'arrivée dans l'après-midi de sapeurs-pompiers tarnais. Le tribunal entend ensuite un autre responsable des sapeurs-pompiers, le commandant Jean-Michel Hurteau. Il explique que dans un premier temps, les secours ont cru à l'explosion d'un garage situé près de la caserne... Le sapeur-pompier prend un véhicule, découvre des étudiants blessés près de la cité Daniel Faucher. Près du chemin de la Loge, il croise d'autres blessés,"hagards, les vêtements déchirés". Il participe à l'évacuation de l'école de chimie.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 18:21 Procès AZF
A la reprise de l'audience, à 17 heures, le président lit la déposition du commandant des sapeurs-pompiers de Toulouse, Patrice Gerber. Il fut le premier à arriver sur les lieux de la catastrophe, dix minutes après l'explosion : "Il y avait une centaine de personnes dans l'entrée, des blessés ensanglantés qui demandaient des secours". Jusqu'à 3 heures du matin le samedi 22 septembre 2001, le commandant Gerber recherchera des personnes disparues dans l'usine.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 17:28 Procès AZF
Son frère, Bernard Lacoste, 37 ans, était sous-traitant chez TMG. Il est décédé dans l'usine AZF le jour de l'explosion. Martine Bonzom, 46 ans, aide-soignante au centre hospitalier de Muret, viendra témoigner demain devant le tribunal correctionnel de Toulouse : "A la mémoire de mon frère". Martine Bonzom assiste cet après-midi à "l'autopsie" de la catastrophe salle Mermoz. Un moment douloureux : "Mon frère est mort dans le bâtiment IO. Je viens de l'apprendre".
Demain, Martine Bonzom a l'intention d'évoquer la personnalité de son frère, de décrire la souffrance causée par ce décès dans sa famille .
Le père de Martine Bonzom est décédé au mois de juin dernier. Cet homme avait travaillé 34 ans à AZF, et auparavant à l'Onia.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 16:52 Procès AZF
"C'est dur. Je m'en vais pour soutenir mon épouse" : Gérard Ratier, le président de l'association des familles endeuillées, a quitté l'audience à 16h30 après l'évocation des disparus. Son fils Alain,33 ans, salarié d'Otis, est décédé dans l'explosion. D'autres familles ont vécu difficilement ce moment. Les salariés d'AZF également. Jacques Mignard, président de l'association "Mémoire et solidarité", n'a pas regardé les photos de l'usine dévastée : "Je connais ces images. Je vis avec depuis 7 ans. Georges Abellan, un autre salarié qui s'est constitué partie civile pour demander la citation de Total, a confié sa peine lors de l'évocation des victimes : "C'étaient nos collègues".
L'audience est actuellement suspendue. Elle reprend à 17 heures, le temps pour les parties civiles de surmonter leur douleur.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 16:29 Procès AZF
Le tribunal revient sur l'ampleur de la catastrophe, et s'interroge sur l'organisation des secours. "Les premières victimes, souligne le président du tribunal, ont été les les équipes de secours de l'usine". Le bâtiment dit "des pompiers", a effectivement été soufflé par l'explosion. C'est là que Jérôme Amiel, 29 ans, électro-pompier d'AZF, a trouvé la mort. Sur les 31 personnes décédées dans l'explosion, 21 sont mortes à l'intérieur de l'usine. Le tribunal rend compte de la difficulté qu'ont rencontré les secours pour intervenir. En premier lieu, les secours n'étaient pas tous équipés de masques à gaz : il y a eu un nuage toxique après l'explosion. Des renforts, venus d'Albi, de Brignoles, ne connaissaient pas l'usine. Et les survivants ne la reconnaissaient plus...
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 15:57 Procès AZF
Des photographies, prises par les enquêteurs, et des films, tournés par la gendarmerie, sont actuellement diffusés devant le tribunal. Sur les vues aériennes de Toulouse, le 21 septembre 2001, on peut voir ce qu'il reste de l'usine AZF : "Entre un tiers et la moitié de l'usine ont été dévastés", commente le président du tribunal. L'objectif de cette présentation photographique est de montrer l'importance des dégâts liés à l'explosion. Dans la grande salle Mermoz, il règne un silence de cathédrale. Les familles des victimes voient pour la première fois le lieu où leurs proches ont disparu.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 15:34 Procès AZF
Après une suspension de séance,à 15h30, le tribunal donne acte à la défense de ses conclusions. Le président Thomas Le Monnyier décide de joindre l'incident au fond, c'est-à-dire en novembre au moment du jugement. Il rappelle que l'examen des faits reprochés à Total et son ancien PDG Thierry Desmarest ne sera abordé qu'au mois de juin. " En outre, la défense ne peut pas préjuger de la position que le tribunal adoptera s'agissant de la citation de témoins", ajoute le président du tribunal, . S'agissant de l'audition d'un représentant de la société Total en début de procès, le tribunal déclare qu'elle est "opportune"; cette audition devrait permettre d'expliquer comment la société Total a pris le contrôle de la société Grande Paroisse, propriétaire de l'usine AZF.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 15:19 Procès AZF
Réagissant aux conclusions de l'avocat de Total, Me Simon Cohen, l'avocat de parties civiles, a pour sa part dénoncé "un piège tendu" par la défense au tribunal. "Le tribunal ne se laissera pas abuser par une finesse juridique, une feinte. Total essaie d'obtenir une décision préalable susceptible d'un recours pour paralyser le cours du procès. Total demande au tribunal de constater que le principe d'égalité des armes est rompu aux préjudices de Total".Me Simon Cohen a d'autre part ironisé en se demandant si "Total ne souhaite pas que le tribunal devienne son auxiliaire dans l'organisation de son agenda".
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 14:47 Procès AZF
"Total et Thierry Desmarets seront présents au rendez-vous que vous leur avez fixé. Au plus tard au mois de juin, ils viendront répondre à vos questions " : Me Jean Veil commente devant le tribunal la citation de la compagnie pétrolière. Total ne peut faire appel de la décision. Me Veil dénonce "un procès non équitable" : la décision de citation directe date de la semaine dernière, les avocats n'ont pas eu le temps de lire les 109 tomes de l'enquête". Me Veil souligne qu'il se trouve dans une situation où il pourra pas citer de témoins régulièrement. "On ne peut pas partir du postulat que le tribunal déclarera la citation de témoins irrecevables", lui répond le président du tribunal Thomas Le Monnyer.
Par Sabine Bernède,
mardi 3 mars 2009 à 14:19 Procès AZF
Deuxième semaine du procès AZF à Toulouse. A 14h20, l'audience a repris. Cet après-midi, le tribunal revient sur l'explosion du 21 septembre 2001, l'ampleur de la catastrophe, le bilan et l'organisation des secours. On se souvient que le plan rouge n'avait pas fonctionné ce jour-là, du fait notamment des coupures téléphoniques. Des sapeurs-pompiers vont témoigner. Me Jean Veil, l'avocat de Total est présent sur le banc des prévenus, aux côtés de Serge Biechlin, l'ancien directeur de l'usine AZF. Total, et son ancien PDG Thierry Desmarest, ont été cités à comparaître la semaine dernière par le tribunal. Me Jean Veil va demander au tribunal de lui laisser le temps de découvrir le dossier : "Je dois lire une citation de 360 pages, et l'enquête qui comporte 53820 pages".
A l'issue du procès AZF, la rédaction, pour faire suite à plusieurs demandes, réfléchit à éditer un CDRom qui regrouperait l'intégralité du blog, des photos, des documents sur le procès. Pour connaître l'intérêt du public pour ce projet, nous demandons aux personnes qui seraient intéressées de nous le faire savoir en nous envoyant un e-mail à l'adresse suivante : sabine.bernede@ladepeche.fr